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Présentation

Après Helsinki et Varsovie, où nous nous étions plongés dans des thématiques globales encadrant notre action telles l’interculturalité, la démocratie ou le développement durable, notre conférence 2008 va explorer deux sujets spécifiques, inscrits à l’agenda culturel européen: la culture dans les relations extérieures de l’Union européenne (UE) – avec une attention toute particulière à l’espace euro-méditerranéen - et l’implication de la société civile, et donc des acteurs culturels, dans l’élaboration des politiques européennes.

A travers ces deux axes, notre souci reste lié à notre mission de base : nous interroger et débattre sur le rôle que les acteurs culturels européens doivent jouer pour participer au renforcement du volet culturel du projet européen dans son ensemble.

Mais cette année notre approche innove, en s’ouvrant à de nouveaux sujets, à de nouveaux espaces et à de nouveaux acteurs, tous directement reliés à l’évolution de l’agenda culturel européen. Ainsi nous avons choisi par exemple de mettre en évidence, tout au long de cette rencontre, le rôle des collectivités territoriales dans le renforcement de la coopération et de l’action culturelles européennes.

Notre objectif final reste inchangé : clarifier, comprendre, décrypter l’action culturelle européenne ; se doter d’outils, développer des pratiques et des méthodes de travail adaptés aux cadres dans lesquels nous travaillons ; faire entendre notre voix, défendre nos intérêts et tenter d’influencer l’évolution des politiques européennes en faveur de la culture.

Pourquoi ces choix ?

Du côté de l’agenda culturel européen

Les relations extérieures et la Méditerranée

La récente et croissante mise aux agendas politiques européens de la question culturelle nous amène à élargir le débat, sur le plan des contenus et de nos espaces de travail.

L’Agenda culturel européen a, notamment, mis en avant l’importance de la culture dans les relations extérieures de l’UE. Ce faisant, il traduit une prise de conscience partagée, à l’échelle internationale, de l’existence d’enjeux éminemment culturels ; du dialogue interculturel à la diversité culturelle, en passant par les droits culturels ou le lien entre culture et développement. En tant qu’acteurs culturels, ces questions nous concernent au premier chef. A l’heure de la mondialisation, nous ne pouvons pas, dans nos propres pratiques, ne pas prendre en compte un contexte mondial dont nous percevons déjà l’impact sur nos sociétés et nos modes de travail, que nous avons déjà pour partie assimilé, par notre mobilité, nos partenariats, la nature des projets que nous développons.

L’exemple euro-méditerranéen illustre bien ces questions : d’une part, il s’agit d’une zone où l’Europe, en particulier dans ses politiques communautaires, est déjà présente en matière culturelle (volet culturel du partenariat euro-méditerranéen) ; d’autre part, la Méditerranée semble redevenir un sujet européen, sa récente remise à l’agenda politique ne pouvant se faire sans évoquer des questions éminemment culturelles.

Tenir notre conférence à Marseille atteste de cette prise en compte, et nous permet d’être en présence d’acteurs et sur des territoires directement impliqués dans ces dimensions de coopération.

Le rôle des acteurs culturels européens dans le déploiement des politiques culturelles

L’action culturelle communautaire et européenne s’inscrit dans un paysage vaste et complexe. Du côté des institutions communautaires, terrain privilégié de l’action de Culture Action Europe, le travail ne peut se limiter ni au programme Culture (et à ses déclinaisons), ni aux travaux de la DG EAC. D’autres services, d’autres politiques sont ou seront ouverts à la culture, et de nouveaux terrains doivent être investis : les relations extérieures bien sûr, mais aussi les politiques régionales, de recherche, d’emploi…., autant d’entrées pour la culture et ses représentants. Si notre secteur a déjà pris conscience du potentiel de cette transversalité, ils nous faut désormais élargir nos cadres de réflexion et nos moyens d’action afin de devenir une véritable force de proposition dans ces domaines politiques.

En outre, l’action communautaire est multiple. Elle se décline à différents niveaux, croisant l’action d’autres acteurs européens, proposant d’autres cadres d’action qu’uniquement ceux gérés par les institutions bruxelloises, ayant chacun leurs propres logiques, objectifs et calendriers.

L’Europe se joue aussi au niveau des Etats membres, dans des logique intergouvernentales par exemple ; au niveau des autorités locales (villes, régions et territoires des Etats européens) ; ou à différents niveau d’acteurs appartenant à des sphères différentes (recherche, industrie, lobbying, politique…). Tous forment le paysage européen dans lequel nous devons évoluer.

Pour le secteur culturel européen, il est indispensable de connaître cette architecture, d’en identifier les mécanismes et les acteurs, de savoir à qui s’adresser, quand et comment. Il faut aussi pouvoir organiser notre représentation, la défense de nos intérêts. Des mécanismes dans ce sens existent déjà, Culture Action Europe en est un, et de nouvelles enceintes de débats et d’échanges émergent, à l’initiative de la Commission européenne notamment, comme les plateformes du dialogue structuré.

Pour compter, sur le plan politique, il nous faut nous structurer, identifier des priorités, formuler des demandes audibles par nos interlocuteurs. Pourtant, il ne s’agit pas non plus d’être instrumentalisés, de perdre de vue le cœur de nos préoccupations. Au contraire, il s’agit d’être efficaces, en maîtrisant le cadre politique dans lequel nous nous situons, pour y faire apparaître nos réalités, nos besoins et nos priorités.

Le choix des territoires européens enfin, revêt une importance toute particulière. Il s’agit, dans et hors du cadre communautaire, d’acteurs majeurs en termes d’action et de coopération culturelles. Bénéficiaires de la première politique de l’Union européenne (la politique régionale), inscrits dans des cadres de coopération pluriels (transnationaux, interrégionaux, internationaux, euro-régionaux), accompagnant leurs opérateurs dans le développement de projets ou les initiant eux-mêmes, ils constituent une échelle d’action que les opérateurs culturels européens doivent solliciter et investir dans le développement de leur propre action européenne.

Pour accompagner les premiers pas de ‘Culture Action Europe’

Cette conférence est la première que nous organisons sous notre nouveau nom.
En devenant Culture Action Europe, notre association a clarifié son identité et ses objectifs, en mettant en avant de façon encore plus marquée son rôle de défense des arts et de la culture en Europe. Notre ambition est de continuer à offrir aux acteurs culturels européens un espace où développer leur réflexion européenne, identifier leurs intérêts et structurer leur représentation politique. Cette ‘première’ conférence de Culture Action Europe (mais la seizième depuis la création du Forum européen pour les Arts et le Patrimoine en 1992) se devait donc d’aborder des thèmes au cœur de nos préoccupations et ouvrant également la voie à une action globale, renforcée et durable sur la scène politique européenne.

Enfin, en tant que porte-voix du secteur culturel européen, Culture Action Europe se doit de continuer à étendre sa base de représentation, aussi bien du point de vue de la diversité des acteurs représentés que de son ancrage géographique. Organiser notre conférence annuelle en France - sous la présidence française de l’Union européenne – et plus spécifiquement à Marseille, sur les rives de la Méditerranée, est donc pour notre association une opportunité unique d’entrer en dialogue avec de nouveaux partenaires et d’élargir encore nos horizons vers les pays du sud de l’Europe.